Impact potentiel d'un changement climatique sur les parasites forestiers

M.-L. Desprez-Loustau(1), M. Bergot(2), E. Cloppet(2), V. Pérarnaud(2), M. Déqué(2), G. Reynaud(1), G. Capron(1), B. Marçais(3)
(1) INRA Bordeaux, UMR BIOGECO, Equipe de Pathologie forestière, BP 81, 33883 Villenave d'Ornon Cedex,
(2) Météo-France, Direction de la Production, Direction des Systèmes d'Observation et Centre National de Recherche Météorologique, 42 avenue Gaspard Coriolis , 31057 Toulouse Cedex,
I(3) NRA Nancy, Laboratoire de pathologie forestière, 54280 Champenoux

Le changement climatique en cours et prévu, se caractérisant notamment par un réchauffement rapide, pourrait affecter les parasites, soit directement, soit indirectement via les effets sur leurs plantes-hôtes, selon deux grands types de processus : modification des enveloppes climatiques potentielles et modification des pressions de sélection, entraînant respectivement une réponse de type migration et/ou adaptation. Nous présentons la démarche et les premiers résultats d'une étude préliminaire réalisée dans le cadre du projet CARBOFOR (programme GICC) focalisée sur les effets directs d'un changement climatique (principalement des effets thermiques) sur les aires potentielles de distribution géographique d'une gamme de parasites forestiers. Les 14 espèces étudiées ont été choisies pour leur importance actuelle sur les principales essences forestières (pins, chênes, châtaigniers, peupliers), leur évolution récente ou leur thermophilie. Les exigences climatiques des différentes espèces ont été définies par une approche bibliographique, expérimentale et par analyse de données de distribution d'après la base du Département de Santé des Forêts (cf communication Marçais dans la même session). Les simulations d'évolution de l'enveloppe climatique entre les périodes 1960-1990 et 2070-2100 ont été réalisées avec différents modèles biologiques en utilisant les données du scénario climatique régionalisé Arpège-Climat de Météo-France. Dans le cas de Phytophthora cinnamomi, un modèle spécifique préalablement développé a été utilisé. Celui-ci prend en compte l'effet limitant des températures hivernales sur la survie du parasite et donc sa capacité à induire des chancres pérennes. Pour les autres parasites pour lesquels on ne dispose pas de modèle spécifique (et pour P.cinnamomi à titre de comparaison), le modèle bioclimatique générique CLIMEX, développé au CSIRO, a été utilisé. Les premiers résultats de simulations seront présentés et discutés.










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